Pourquoi cette levée de boucliers chez certains nantis contre la taxation, exceptionnelle et limitée dans le temps, des hauts revenus ?

20/11/2011

UNE CHARTE POUR DEVENIR FRANÇAIS

Les immigrés qui désirent acquérir la nationalité française devront à partir du 1er janvier 2012 signer la Charte des droits et des devoirs du citoyen français. La double nationalité est autorisée mais non reconnue sur le territoire français.
Le texte du ministre de l’Intérieur Claude Guéant devra être validé dans les prochains jours par le Conseil d’État avant d’être adopté par décret.
L’acquisition de la nationalité française par un étranger est soumise à de nouvelles conditions. Tout demandeur devra d’abord adhérer « aux principes, valeurs et symboles de la République ». C’est une condition sine qua non pour l’obtention de la nationalité française. La marque de l’engagement de l’immigré envers la République est sa signature posée sur la Charte des droits et des devoirs du citoyen français, élaboré par le Haut conseil à l’intégration. Ce document d’une vingtaine de pages fait actuellement l’objet de débat en France. Il a été soumis mardi dernier au ministre de l’Intérieur  Claude Guéant et devra être validé dans les prochains jours par le conseil d’État avant d’être adopté par décret. La charte sera appliquée à partir du 1er janvier 2012. À partir de cette date, les immigrés désirant devenir Français devront signer ce document, exprimant ainsi leur volonté « d’adopter son histoire, ses principes et ses valeurs…d’accepter de contribuer à le défendre et devenir un acteur solidaire de son avenir ».
Les MRE, rassurés
En retour, la France s’engage à le reconnaître comme un citoyen de la République. «Nous devons développer des programmes d’apprentissage du français et de familiarisation avec nos institutions et nos modes de vie, mais les personnes immigrées doivent aussi se plier à cette volonté qui est la nôtre. Quand on vient en France, on adopte les modes de vie français et on n’importe pas les modes de vie d’ailleurs», affirme Claude Guéant à la chaîne LCI.
La charte définit clairement les obligations auxquelles doivent se conformer les demandeurs pour devenir des citoyens français à part entière. Elle définit d’abord dans son préambule que, en devenant Français, les naturalisés ne peuvent plus se réclamer d’une autre nationalité sur le territoire français. Ce qui n’exclut pas la double nationalité. L’acquisition de la nationalité française n’est pas subordonnée à l’abandon de sa nationalité d’origine. Un élément qui rassure les Marocains résidant en France (MRE). Ceux d’entre eux qui souhaitent acquérir la nationalité française garderont ainsi leur nationalité marocaine à laquelle ils tiennent (l’État marocain également) mais ne peuvent se prévaloir de leur nationalité d’origine pour bénéficier, par exemple, de mesures plus avantageuses réservées aux étrangers. Cette mesure rassure également les autorités du Royaume, qui tiennent à la préservation de la nationalité marocaine de ses ressortissants. Pour le Maroc, la nationalité marocaine relève de la souveraineté du pays.
Pour rappel, le Maroc a pesé de tout son poids pour que les MRE des Pays-Bas gardent leur nationalité d’origine. Après d’âpres négociations, les deux pays sont convenus à un accord suivant lequel l’État néerlandais accorde aux MRE – ainsi qu’aux personnes d’origine grecque – la double nationalité, contrairement aux autres communautés. Cependant, « devenir français n’est pas une simple démarche administrative », lit-on dans le préambule de la Charte des devoirs et droits et des devoirs du citoyen français.
Immigrés, vous êtes avisés ! Si vous désirez devenir français, vous devez vous engager à respecter les symboles de la République à savoir l’emblème national, à connaître l’hymne national et la devise de la République et à parler le français, un bon français.
L’adhésion aux valeurs démocratiques et laïques du pays est une condition sine qua non à l’acquisition de la nationalité française.
Devoirs et droits
Par ailleurs, la Charte définit également les droits des naturalisés, dont la liberté d’expression et de conscience, d’association, le droit aux soins, à la sécurité matérielle et aux congés payés…
En 2010, près de 130 000 personnes ont obtenu la nationalité française, dont près de 90 000 par la procédure de naturalisation, 17 000, par mariage ; 27 000, par le droit du sol. La nationalité française n’est pas éternelle. Elle peut être retirée dans certains cas. Selon la Charte, « une personne qui a acquis la qualité de Français peut être déchue de la nationalité française si elle s’est soustraite à ses obligations de défense, ou si elle s’est livrée à des actes contraires aux intérêts fondamentaux de la France, sans préjudice des dispositions du code pénal ».
Le : 20 novembre 2011

20:36 Écrit par OUTALHA dans IMMIGRATION | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  Imprimer | |

16/11/2011

APRES LE PRINTEMPS, L’UNION ARABE ?

Créée en 1945, la Ligue arabe a fini par incarner l’immobilisme des états qui la composent.
La Ligue arabe se rassemble aujourd’hui à Rabat. La vénérable dame a été dépassée par les événements depuis un an. Créée en 1945 pour servir les ambitions britanniques et égyptiennes contre les prétentions des Hachémites d’Irak et de Jordanie, reprise en main par Nasser pour contrer le roi Fayçal d’Arabie, la vieille machine, rouillée, a fini par incarner l’immobilisme arabe.
Une vigueur inédite la saisit tardivement sur l’affaire syrienne.
Le Printemps arabe soufflera-t-il enfin du côté du panarabisme ? Les scènes qu’offraient les sommets de la Ligue alimentaient une plainte infinie, du « Golfe à l’Atlantique », à propos de ce grand écart : l’unité culturelle entre pays arabes et leur division politique. Cela sous-entendait une équivalence automatique entre l’homogénéité de  populations différentes et la nécessité de leur unité politique. Les Arabes étaient donc une monstruosité : parlant la même langue, partageant la même histoire, et cependant séparés par des frontières, fragmentés en Etats, parfois mêmes opposés par des guerres.
Unité culturelle et dissensions politiques
En réalité, l’unité culturelle et l’unité politique ne sont pas nécessairement liées. Pendant des siècles, des Etats italiens culturellement similaires se sont déchirés en de microscopiques guerres, et pendant de siècles, des dizaines de peuples culturellement séparés ont été unifiés par les Ottomans ou les Habsbourg. Aujourd’hui, l’Union européenne offre un bon exemple d’une unité culturelle relative et d’un processus d’unité politique très avancé.
De quoi est faite l’unité politique, si ce n’est d’unité culturelle ? Une seconde réponse existe, qui accompagnait la première : la volonté politique. C’est cela que Nasser ou Saddam avaient en tête quand ils parlaient d’unité arabe. Ils pensaient à Bismarck forgeant l’unité allemande sur les champs de bataille, pas par la poésie de Goethe ou les lieder de Schuman. Et beaucoup de pays arabes se rêvèrent dans le rôle de la Prusse du Moyen-Orient. Mais la volonté politique, elle aussi, offre plus d’échecs retentissants que de réussites. Sans revenir sur le douloureux cas de l’Allemagne, combien dura l’unité européenne voulue par Charlemagne ? Ou Charles Quint ? Ou Napoléon Bonaparte ?
La dictature sépare, la démocratie rapproche
Ce qui a séparé l’Irak de la Syrie, ou le Maroc de l’Algérie, ce n’est pas une invisible différence mais un massif  point commun : deux régimes autoritaires ne s’unifient pas. Ils s’annexent, fusionnent, se conquièrent mutuellement, mais ne coopèrent pas. On ne connaît pas de confédération de dictatures. Le bloc de l’est exista parce que l’URSS, massive, pouvait écraser les Etats qui l’entouraient. Ce n’était pas une collaboration mais un système impérial. L’Egypte ne fut jamais assez grande pour imposer une telle hégémonie en Orient. Et la Syrie ne put le faire qu’avec un Liban déchiré par les dissensions. Le rêve unioniste arabe a toujours été accompagné d’un complexe autoritaire nimbé d’héroïsme et de sang versé : on associait nation arabe unifiée et homme fort.
Dans ce projet, les différentes populations étaient des masses à transvaser dans un fonds commun garanti par les noms de Saladin et de Nasser.  Sur ce point précis, le Printemps arabe, en faisant tomber les statues des dictateurs, va changer le rêve unioniste. La chute de Kadhafi et d’Assad devra entraîner celle de Nasser et de Saladin. Et ce sera moins du côté de Bismarck que les Arabes regarderont que du côté du Mercosur ou de l’Union européenne. Le cas européen est en effet à méditer. Ce n’est pas seulement la proximité géographique qui impose cette méditation, mais également la similarité des deux histoires. Comme les Arabes, les Européens pendant des siècles vécurent à l’ombre d’une mélancolique nostalgie : l’unité impériale.  Et comme les Arabes, ils ne pensèrent reconstituer l’alliance brisée que par les ligues de familles, comme hier les Hachémites et aujourd’hui les princes du Golfe, ou par la guerre et la dictature… De ce rêve de fer, ils ne sortirent qu’après 1945.
Les brumes de l’union par l’épopée guerrière dissipées, les Arabes apprendront cette vérité prosaïque : ce qui rapproche les pays qui s’unifient, ce n’est pas la culture commune ou le dictateur adoré, mais la démocratie, tout simplement.
Le : 16 novembre 2011 

11:37 Écrit par OUTALHA dans international | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  Imprimer | |